Le Père Fouras change de visage tous les samedis soir depuis l’été 1990, mais son maquillage, lui, a beaucoup évolué. La légende urbaine des quatre heures de latex avant chaque tournage circule depuis des années sur les réseaux et les forums de fans. Le problème, c’est qu’elle ne colle pas à la réalité d’aujourd’hui. Le vrai calvaire capillaire et cutané, celui qui méritait vraiment le titre de maquillage le plus lourd de l’histoire du jeu, ne se trouve pas là où on l’imagine.
À retenir
- Le mythe des quatre heures de maquillage ne correspond pas aux chiffres actuels : à peine plus d’une heure aujourd’hui
- Le vrai fardeau était au début des années 1990, avec un masque épais et étouffant causant des douleurs cervicales
- Trois comédiens différents ont porté le masque du Père Fouras sans que le public ne s’en aperçoive
Le mythe des quatre heures ne résiste pas aux chiffres actuels
Interrogé par Le Télégramme, Yann Le Gac a expliqué que presque 1h de maquillage était nécessaire pour chaque jour de tournage, et qu’au moins trois quarts d’heure de maquillage sont nécessaires à chaque jour de tournage. Une autre source précise que cela nécessite au minimum 45 minutes de maquillage et trente minutes pour s’habiller. On est très loin des quatre heures fantasmées. Même en additionnant large, l’ensemble maquillage plus costume plafonne autour d’une heure quinze aujourd’hui, ce qui reste conséquent pour un tournage estival sous le soleil charentais, mais ne justifie pas le mythe qui circule.
Le comédien breton, né en 1954, incarne le personnage depuis le début des années 1990. Il est principalement connu du grand public pour incarner depuis 1991 (sauf 2002) le père Fouras de Fort Boyard. Avant d’enfiler la barbe blanche et la cagoule, il avait un tout autre parcours : originaire du Morbihan, Yann Le Gac a eu une carrière riche et diversifiée qui l’a mené des scènes de danse aux plateaux de télévision, et avant de devenir le célèbre Père Fouras, il était un danseur accompli. Un CV qui n’a rien à voir avec le personnage grincheux et centenaire qu’il joue aujourd’hui, et c’est peut-être ce qui rend sa performance aussi convaincante depuis plus de trois décennies.
Le vrai fardeau, c’était au tout début des années 1990
Voilà l’information qui change la donne. Le masque que porte Yann Le Gac aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui qu’il a connu à ses débuts. Lui-même le reconnaît sans détour : au début de son aventure, « le masque était très lourd et épais, comme une cagoule qui me faisait mal aux cervicales », raconte Yann Le Gac au Télégramme. Une cagoule intégrale, étouffante, pensée pour un tournage occasionnel plutôt que pour des dizaines de jours de tournage répétés chaque été pendant trente ans.
Le costume n’était pas en reste. Il est entièrement en soie mais pèse « très lourd » selon l’acteur. Ajoutez à ça une technique vocale physiquement éprouvante, puisque « il faut coincer les cordes vocales et travailler sur le plexus solaire. C’est comme avec un biniou, on pince le haut et on appuie sur la poche d’air », et on comprend que la version la plus contraignante du Père Fouras n’est pas celle qu’on croise aujourd’hui à l’écran, plus fine et plus détaillée, mais bien celle des tout premiers tournages. Le masque actuel a été retravaillé au fil des saisons : si le masque qu’il porte était à l’origine épais et lourd, cela a bien changé, il est beaucoup plus fin, on voit aussi les moindres détails, taches de vieillesse, veines. les effets spéciaux ont progressé, le confort de tournage aussi, et le Père Fouras version 2026 souffre nettement moins que celui du tout début des années 1990.
Trois hommes se sont cachés sous le même masque
Autre détail méconnu : Yann Le Gac n’a pas toujours été le seul visage derrière le personnage. La toute première saison, en 1990, a été confiée à un autre comédien. Les interprètes du rôle sont Michel Scourneau en 1990, Yann Le Gac de 1991 à 2001, Didier Hervé en 2002, puis à nouveau Yann Le Gac depuis 2003. Un jeu de chaises musicales qui s’explique par une histoire de négociation contractuelle : lors du renouvellement pour la deuxième saison, la production a proposé un cachet revu à la baisse à l’acteur en place, qui a refusé de céder, ce qui a contraint l’équipe à relancer un casting express.
L’épisode de 2002 reste, lui aussi, assez flou dans la mémoire collective. La plupart des téléspectateurs n’ont d’ailleurs jamais remarqué le changement, tant le costume et la voix gomment l’identité de l’acteur qui se cache dessous. C’est justement cette alchimie entre maquillage, costume en soie et technique vocale particulière qui a permis à trois comédiens différents d’incarner un seul et même personnage sans que le public n’y voie (presque) que du feu.
Reste un fait amusant que peu de fans connaissent : contrairement à Passe-Partout, autre pilier du Fort dont l’interprète a enchaîné les saisons sans interruption depuis 1990, le Père Fouras a donc connu une petite interruption de casting en plein milieu de son règne. Un détail qui n’a jamais empêché le personnage de rester, avec sa vigie, l’une des figures les plus reconnaissables de la télévision française estivale, quatre heures de maquillage ou pas.
Sources : franceinfo.fr | tonmag.fr