Une bague, un clic, et hop : le costume écarlate jaillit comme par magie. Ce geste, devenu la signature visuelle de Flash à l’écran comme sur papier, n’est pas une invention récente des scénaristes. Flash’s Costume Ring est une petite bague avec une ouverture à ressort, apparue pour la première fois dans Showcase #4, en octobre 1956, et Barry Allen, le deuxième Flash, l’utilisait pour comprimer et cacher son costume lorsqu’il opérait sous son identité civile. Le concept existe depuis soixante-dix ans, et il n’a quasiment jamais quitté le personnage.
Le plus étonnant, c’est la place qu’occupe cet objet dans l’histoire même de la création du héros. Dans le contexte de l’origine de Barry, la bague apparaît techniquement avant le costume, puisqu’on ne voit le costume rouge et jaune qu’après qu’il soit sorti de la bague. Un détail qui en dit long : dès le départ, les créateurs ont pensé le rangement du costume comme un élément narratif à part entière, pas comme un simple accessoire de second plan.
À retenir
- Une bague apparue avant même le costume dans le premier numéro de Flash
- Un gadget scientifique qui rend hommage au métier de chimiste de Barry Allen
- Un héritage transmis de génération en génération chez les speedsters de DC
Un gadget né d’un problème très concret
Le contexte scientifique compte énormément dans cette histoire. En appuyant sur un petit bouton sur le côté, le haut de la bague s’ouvrait, libérant le costume traité chimiquement pour se rétracter, permettant à Barry de se changer à super-vitesse ; son alter ego est un chimiste de recherche habitué à fabriquer son propre équipement de test, et la bague de dissimulation ainsi que le costume compressible représentaient un défi de taille. Ce n’est donc pas un pouvoir magique tombé du ciel : c’est le fruit du métier même de Barry Allen. Logique, dans le fond, pour un personnage qui doit sa vitesse à un accident de laboratoire.
Certaines versions de la mythologie attribuent même la conception initiale à un tiers. Le professeur Ira West de l’université de Central City (le père adoptif d’Iris) aurait conçu le costume d’Allen ainsi que la bague qui le stocke pendant que celui-ci est en identité civile, la bague pouvant éjecter le vêtement comprimé et le réabsorber grâce à un gaz spécial qui le rétracte. Peu importe la version retenue au fil des reboots : l’idée reste la même, un objet minuscule qui contient tout un costume grâce à un traitement chimique et une exposition à l’air qui déclenche l’expansion.
Avant Flash, personne n’avait osé ce détail
Voilà un fait qui surprend souvent les fans les plus assidus : Flash a précédé ses collègues sur ce terrain. L’idée d’un costume compressé tenant dans un espace minuscule précède Flash de plusieurs années, Batman ayant par exemple caché toute sa tenue dans un contenant compressé si petit qu’il pouvait se déguiser en bandage ressemblant à sa peau, même s’il s’agissait d’une version spéciale et légère de son costume. Le concept existait donc déjà, mais dans une forme bien plus discrète et anecdotique.
Flash, lui, a transformé cette astuce pratique en véritable signature visuelle. La révélation que Superman utilisait une « super-compression » pour ranger ses vêtements de ville dans sa cape a été introduite après le débuts du costume de Flash, et aucun des deux héros n’a affiché le même panache que Flash avec sa bague, qui a pratiquement précédé le costume dans sa toute première histoire. Un petit détail d’écriture des années 1950 qui a fini par devancer deux des plus grosses icônes de DC sur ce terrain-là. Il y a quelque chose d’assez savoureux à voir le « cadet » de l’univers DC innover avant Superman ou Batman.
Une bague qui traverse les générations de speedsters
Ce qui rend l’objet encore plus attachant, c’est sa transmission au sein de la « famille Flash ». Barry utilise la bague pour stocker son costume depuis sa première apparition dans Showcase #4 en 1956, et peu après avoir été rejoint par Wally West en tant que Kid-Flash, Barry a fabriqué une bague similaire pour son jeune protégé ; plus tard, lorsque Wally a pris le rôle de Flash, il a créé une réplique de la bague pour Bart Allen, le petit-fils de Barry, pour sa carrière de super-héros sous le nom d’Impulse. Trois générations, un même objet, transmis comme un héritage familial.
L’anecdote la plus inattendue concerne cependant un héros extérieur à la lignée des speedsters. Avant que Barry Allen ne revienne à la vie dans Final Crisis, on a découvert ce qu’était devenue sa bague de costume originale lorsque son ami Oliver Queen a utilisé l’anneau pour former la base de la bague de fiançailles qu’il a offerte à Black Canary dans Green Arrow #75. Un objet de super-héros métamorphosé en symbole d’amour entre deux personnages, sans jamais quitter l’univers narratif de DC.
La dimension symbolique s’est renforcée après les grands remaniements éditoriaux des années 2000. La bague a été forgée à partir des alliances des parents de Barry, fusionnées en une seule pièce comme un rappel constant de la raison pour laquelle il est devenu Flash. Ce qui n’était qu’un gadget pratique dans les années 1950 est ainsi devenu un objet chargé d’émotion, lié directement à l’origine tragique du personnage revisitée après Infinite Crisis.
Et à l’écran ?
Sur la série CW, l’objet a mis du temps à débarquer. La bague est apparue sur la série The Flash de la CW à partir de la saison 5, après que le précédent costume de Barry ait été détruit lors de la bataille finale contre The Thinker : alors que Barry se précipitait en action aux côtés de sa fille adulte venue du futur, Nora West-Allen, celle-ci lui a offert sa propre bague, héritée de son futur lui-même. Un clin d’œil temporel bien dans l’esprit tordu des intrigues de voyage dans le temps chères à la franchise.
Le détail qui prouve à quel point cet objet a marqué les esprits, même en dehors de la fiction : après la fin du tournage de la série, Grant Gustin, l’interprète de Barry Allen, a confié que la bague de Flash était la seule chose qu’il souhaitait garder du plateau. Preuve qu’un simple accessoire scénaristique, né d’une contrainte de chimiste imaginaire en 1956, peut finir par devenir l’un des objets les plus chargés d’affect de toute une décennie de tournage.
Sources : cbr.com | thedorkreview.blogspot.com