Plus personne ne défend la suite sortie en août 1996 : voici les trois autres films qui ont enterré leur propre saga aussi vite

Le 30 août 1996, Miramax sort The Crow: City of Angels dans les salles américaines. Deux ans après le succès culte du premier Crow, porté par la mémoire tragique de Brandon Lee, cette suite devait relancer une franchise pleine de promesses. Le résultat a été si décevant que plus personne, aujourd’hui, ne s’aventure à la défendre sérieusement. Et ce naufrage n’est pas un cas isolé : le cinéma hollywoodien regorge de suites qui ont plombé leur propre saga en un seul film, parfois en quelques semaines seulement.

À retenir

  • Quatre suites emblématiques ont sabordé leur propre saga en une seule sortie
  • Des budgets colossaux et des stars connues n’ont pas suffi à sauver ces productions
  • Certaines franchises ne se sont jamais remises du choc initial de ces films catastrophiques

The Crow: City of Angels, la suite qui a coupé les ailes du corbeau

Sur le papier, tout semblait réuni pour cartonner. Mais le studio a fait appel à Tim Pope, un réalisateur de clips musicaux prolifique, et a imposé une fenêtre de sortie en mai 1996, avant un léger report fin août. Le film récolte un budget de 13 millions de dollars pour un box-office total de 25,3 millions de dollars, un chiffre qui paraît correct sur le papier mais qui masque un flop cuisant aux États-Unis : le film a ouvert à 9,7 millions de dollars et n’a fait que moins de deux fois cette somme au box-office domestique, terminant sa course à 17,9 millions de dollars.

Les critiques n’ont pas été tendres. Un avis résume bien l’ambiance de l’époque : « les lois qui stipulent que toutes les suites doivent être inférieures à leurs prédécesseurs sont fidèlement respectées ici ». Deux autres suites suivront pourtant, en 2000 puis en 2005, mais elles resteront essentiellement des sorties destinées au marché de la vidéo, avec des recettes en salles limitées et non communiquées. La franchise cinéma, elle, ne s’est jamais vraiment relevée du choc initial de 1996.

Highlander II, l’un des pires exemples de sabotage créatif

Cinq ans plus tôt, une autre saga fantastique culte avait connu un sort comparable, presque pire. Highlander II: The Quickening sort en 1991 et transforme les immortels écossais en extraterrestres venus de la planète Zeist. Le choix scénaristique laisse tout le monde perplexe : les critiques ont éreinté Highlander II, mais même les fans ont été déçus et frustrés de voir la mythologie établie complètement déformée. Roger Ebert lui-même s’en était donné à cœur joie, qualifiant le film de « film le plus hilarant et incompréhensible » qu’il ait vu depuis longtemps.

Le tournage, délocalisé en Argentine pour des raisons budgétaires, tourne au fiasco financier quand le pays traverse de grandes difficultés financières qui affectent gravement le film. Résultat : une œuvre si mal reçue que les créateurs de la franchise ont préféré faire comme si le film n’avait jamais existé, l’effacer de la mythologie et passer à autre chose. Une chose est sûre : peu de suites ont réussi à autant écœurer leur propre fanbase en un seul film.

Grease 2 et Speed 2, deux suites qui ont tué leur franchise net

Impossible de parler de sagas enterrées trop vite sans évoquer Grease 2. Quatre ans après le triomphe planétaire du premier volet, porté par John Travolta et Olivia Newton-John, cette suite sans les deux stars originales s’écrase lamentablement. Le film grossit 15 millions de dollars pour un budget de production de 11 millions, un contraste saisissant avec les 132 millions de dollars de recettes domestiques du premier opus. Les ambitions de studio étaient pourtant énormes : il y avait à un moment des projets pour une franchise en quatre films et un spin-off télévisé. Tout s’est effondré en une seule sortie en salles, et Paramount a abandonné les projets de troisième et quatrième films censés se dérouler pendant le mouvement de contre-culture.

Quinze ans plus tard, c’est au tour d’un autre genre de subir le même sort. Speed 2: Cruise Control, sorti en 1997, avait tout pour être l’événement de l’été : Jan de Bont à la réalisation, Sandra Bullock de retour, et un budget colossal. Le film n’a récolté que 164 millions de dollars dans le monde pour un budget de production allant jusqu’à 160 millions, à comparer aux 350 millions de dollars engrangés par l’original. Sandra Bullock elle-même n’a jamais caché son regret d’avoir participé au projet. Le diagnostic de la profession a été sans appel : malgré le retour de l’actrice, le film s’est effondré au box-office mondial, ne récoltant que 165 millions de dollars, un flop énorme qui a tué la franchise net.

Trois décennies plus tard, ces quatre films forment presque un genre à part entière dans l’histoire du cinéma : la suite si mauvaise qu’elle referme définitivement la porte qu’elle était censée ouvrir. Certains, comme Grease 2, ont fini par trouver une seconde vie sous forme de curiosité culte des décennies après leur sortie. D’autres, comme Highlander II, restent des repoussoirs absolus que même leurs propres créateurs préfèrent oublier. Reste une question amusante à se poser devant chaque nouvelle suite annoncée en grande pompe : et si celle-ci rejoignait, elle aussi, ce club très fermé des sagas mortes-nées ?

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