Le verdict est sans appel : la conclusion de Naruto ne fait plus recette auprès des fans français. Dans les classements et tops publiés ces derniers mois par les communautés otaku, une autre série a pris sa place tout en haut du podium des « meilleures fins de shonen » : Fullmetal Alchemist: Brotherhood. Un basculement qui en dit long sur la manière dont les lecteurs et spectateurs jugent, avec le recul, le travail de Masashi Kishimoto.
À retenir
- Les raisons profondes pour lesquelles la fin de Naruto divise encore après 12 ans
- La série qui a détroné Naruto et pourquoi elle est devenue l’nouvelle référence absolue
- Comment les attentes des fans français vis-à-vis des finales de shonen ont radicalement changé
Pourquoi la fin de Naruto continue de faire grincer des dents
Douze ans après la parution du chapitre 700, le procès n’est toujours pas clos. Le problème ne vient pas tant du principe de l’épilogue que de tout ce qui l’a précédé : l’interminable arc de la Quatrième Grande Guerre Shinobi. L’arc final de la Quatrième Grande Guerre Shinobi dans Naruto: Shippuden divise encore les fans, cette partie de la série souffrant de nombreux défauts, notamment un contenu de remplissage excessif. Un comble pour un final censé conclure quinze ans d’aventures.
Le point de friction le plus cité reste le choix scénaristique du dernier antagoniste. La controverse demeure principalement autour du remplacement de Madara par Kaguya comme antagoniste final, laissant une impression mitigée sur certains fans. Sur les forums et sites d’avis, le sujet revient sans cesse : un boss final jugé trop abstrait, sorti de nulle part, qui a cassé la dynamique du combat entre Naruto et Sasuke que tout le monde attendait depuis des années.
Le tome final lui-même n’a pas totalement rassuré la fanbase. Le tome 71 de Naruto avait mis un terme plus qu’attendu à la Quatrième Grande Guerre Ninja, un arc pourtant loin de faire l’unanimité, avec une escalade de puissance invraisemblable et un boss final indigeste. Kishimoto a beau réussir à sauver les meubles avec un dernier tome qui fait ce qu’il faut pour achever l’histoire de Naruto, et boucler la boucle dans sa relation avec son éternel rival Sasuke, l’addition reste amère pour une partie du lectorat. Quant à l’épilogue en lui-même, celui qui projette les héros douze ans plus tard, il divise encore aujourd’hui les avis, entre ceux qui saluent sa sobriété et ceux qui lui reprochent son classicisme too much.
Fullmetal Alchemist: Brotherhood, le nouveau chouchou des classements
Face à ce bilan mitigé, une série s’est imposée comme la référence absolue en matière de conclusion réussie : Fullmetal Alchemist: Brotherhood. Contrairement à Naruto, ici pas de retournement artificiel ni de méchant sorti du chapeau au dernier moment. Cette série a fait ce que son prédécesseur, Fullmetal Alchemist, n’a pas fait, c’est-à-dire résoudre tous les conflits majeurs et nous donner un chef-d’œuvre soigneusement emballé.
Ce qui frappe dans les tops récents, c’est la cohérence émotionnelle du dénouement. Ed et Al apprennent l’un de l’autre et s’aiment jusqu’à la fin, les personnages secondaires se développant autant que les personnages principaux, dans un monde qui nous rappelle à quel point la mortalité et la fraternité sont plus importantes que de vivre éternellement sans bonheur. Pas de fan service gratuit, pas de saut temporel forcé : chaque fil narratif se referme avec logique. Même les puristes qui trouvent la trajectoire un peu prévisible l’admettent : bien que la fin soit prévisible, elle est saine à un autre degré, et FMAB restera toujours un tire-larme.
Ce succès critique se traduit aussi en chiffres. Sur MyAnimeList, référence mondiale pour noter les animes, Fullmetal Alchemist: Brotherhood a longtemps trôné en tête absolue du classement toutes catégories, un exploit rarissime pour un shonen d’action. La série culmine encore avec un score moyen de 9,09, la plaçant durablement dans le trio de tête des animes les mieux notés au monde, shonen ou pas.
Ce que révèlent vraiment ces nouveaux classements
Le phénomène n’est pas propre à un site isolé. Plusieurs comparatifs consacrés aux meilleures conclusions de shonen pointent la même hiérarchie : quand Naruto apparaît systématiquement affublé de guillemets et de nuances (« controversé », « divise encore »), Fullmetal Alchemist: Brotherhood récolte les superlatifs sans réserve, aux côtés d’outsiders comme Assassination Classroom, dont la finale marque durablement les esprits. La finale voit la mort d’un personnage que le public a appris à aimer depuis le premier jour, mais en même temps, nous savions que cela devait arriver, tragique, mais beau.
Le contraste illustre une exigence de plus en plus forte chez les fans français vis-à-vis des fins de séries. Après des décennies de shonen à rallonge où l’arc final finit trop souvent expédié ou dilué en filler, le public récompense désormais les œuvres capables de tenir leur promesse narrative jusqu’au bout, sans artifice. FMAB avait un avantage de taille sur Naruto : une histoire bouclée dès le départ par sa créatrice Hiromu Arakawa, sans contrainte d’exploitation commerciale à rallonge imposée par un éditeur.
Reste une nuance de taille à apporter à ce nouveau roi du classement : sur MyAnimeList justement, Fullmetal Alchemist: Brotherhood a lui-même été détrôné de la première place mondiale en 2023 par un nouveau venu, Frieren: Beyond Journey’s End, avant d’être également dépassé par la troisième saison de Bleach: Thousand-Year Blood War fin 2024. La leçon est limpide : aucune fin, même unanimement saluée, n’est jamais à l’abri d’être un jour remplacée par la suivante.
Sources : naruto-official.com | figurinemangafrance.fr