Le 16 août, TF1 diffuse un film DC où trois hommes ont porté le même scarabée : le plus connu des lecteurs n’apparaît jamais à l’image

Ce dimanche 16 août 2026, à 21h10, TF1 diffuse pour la première fois en clair Blue Beetle, le film DC porté par Xolo Maridueña. Trois hommes ont porté le costume du scarabée bleu dans l’histoire des comics, mais un seul d’entre eux traverse tout le récit sans jamais montrer son visage à l’écran. Un choix scénaristique qui en dit long sur la manière dont Warner Bros. a construit ce film d’origines, entre hommage aux comics et pari sur l’avenir.

Le film suit Jaime Reyes, un jeune homme tout juste diplômé qui voit sa vie bouleversée lorsqu’il devient malgré lui le super-héros Blue Beetle, doté d’une armure dotée d’une conscience propre. Il devient la cible de Victoria Kord, la dirigeante impitoyable de Kord Industries, prête à tout pour lui arracher le Scarabée et transformer sa technologie en armement militaire. Sorti au cinéma en 2023, ce long-métrage DC Comics marque une étape importante : c’est le premier film de super-héros en prises de vues réelles centré sur un protagoniste latino. TF1 enchaîne d’ailleurs la soirée avec « Thor : Love and Thunder » en deuxième partie de soirée, à 23h40, histoire de proposer un double programme super-héroïque aux téléspectateurs du dimanche.

À retenir

  • Trois générations de Blue Beetle ont existé dans les comics depuis 1939
  • Un personnage majeur du film reste invisible du début à la fin
  • Une scène secrète révèle un twist qui change tout sur l’histoire

Trois hommes, un seul scarabée

Peu de spectateurs le savent, mais le nom « Blue Beetle » n’a jamais désigné un personnage unique dans les comics. Il n’y a pas un Scarabée Bleu, mais trois : le premier, Dan Garett, a été créé en 1939. Puis il y a eu le deuxième, Ted Kord, en 1966 (celui-ci a d’ailleurs inspiré Watchmen), et on a enfin eu Jaime Reyes, apparu en 2006. Trois générations, trois époques, trois façons d’incarner le même mythe, le flic héroïque des années 1930, l’inventeur milliardaire des sixties, puis le lycéen mexicain-américain propulsé héros malgré lui au XXIe siècle.

Le film ne fait pas l’impasse sur cette généalogie. Si le film a choisi de raconter les origines de ce troisième super-héros, il fait aussi mention des deux hommes à avoir précédemment porté ce nom : on aperçoit brièvement le costume de Garett, mais c’est surtout Kord qui occupe une place centrale dans le récit. Logique, puisque l’antagoniste principale du film est sa sœur Victoria (Susan Sarandon), présidente de Kord Industries. Petit détail amusant pour les puristes : créé en 1966 par la légende des comics Steve Ditko, Kord est un génie, inventeur de nombreuses machines et armes, milliardaire et dirigeant de Kord Industries, un profil qui n’est pas sans rappeler un certain Bruce Wayne ou Tony Stark, coïncidence que les scénaristes assument avec un clin d’œil complice.

Ted Kord, le fantôme qui hante tout le film

Voilà le twist qui donne tout son sel à ce visionnage télé : avant la sortie du film, Ted Kord était sans doute la version la plus populaire du personnage auprès des lecteurs de comics, notamment grâce à son passage dans la Justice League International des années 1980-90. Pourtant, il n’apparaît jamais physiquement à l’écran. Il est important dans tout le film, sans jamais apparaître, car Jenny Kord a des sentiments conflictuels à l’égard de son père, puisqu’il a disparu.

Son ombre plane pourtant sur chaque scène tournée à Kord Industries. Le film reconnaît l’héritage de l’ancien Blue Beetle, qui est le père de Jennifer et l’ancien PDG de Kord Industries, disparu dans des circonstances mystérieuses après être devenu obsédé par le Scarabée, la source des pouvoirs du Blue Beetle. Sa mort présumée a permis à Victoria Kord de reprendre l’entreprise. Le twist arrive dans la scène post-générique, un classique du genre chez DC et Marvel. La caméra zoome sur une cachette high-tech où l’on aperçoit plusieurs mannequins portant les différentes versions du costume de Blue Beetle, le dernier étant vide, puis une voix résonne, demandant qu’on transmette un message à sa fille, Jenny Kord. Le message est limpide : « Ted Kord is alive », Ted Kord est vivant. Mais l’image reste brouillée et on ne verra jamais le visage de celui dont on parle. Une manière habile de préserver la surprise, mais aussi de garder la porte ouverte pour un futur casting sans s’enfermer trop tôt dans un choix d’acteur.

Un pari qui a payé, malgré un accueil contrasté

Le choix de miser sur Jaime Reyes plutôt que sur Ted Kord n’a rien d’un hasard. Le personnage incarné par Xolo Maridueña colle parfaitement à l’époque : jeune diplômé confronté à un marché du travail difficile et à la précarité de sa famille, il incarne une figure à laquelle beaucoup peuvent s’identifier. Au box-office, le film n’a pourtant pas explosé les compteurs à sa sortie, avec un débuts plutôt tièdes de 25,4 millions de dollars aux États-Unis pour un budget qui a grimpé jusqu’à 125 millions selon les sources. Mais il a trouvé son public en streaming et séduit par son ton plus léger et personnel que beaucoup de productions concurrentes.

Reste une question qui traîne depuis trois ans dans les couloirs de Warner Bros. Cette suite tant promise verra-t-elle enfin le jour, avec ou sans Ted Kord à l’écran ? Le réalisateur Ángel Manuel Soto ne cachait pas son enthousiasme à l’époque, confiant vouloir transformer l’histoire en véritable trilogie plutôt qu’en film unique. Trois ans après la sortie en salles, la franchise reste en pause, coincée entre le reboot de l’univers DC orchestré par James Gunn et l’incertitude qui pèse sur les personnages hérités de l’ancienne continuité. Pour l’instant, le seul indice tangible reste ce message vocal brouillé, diffusé ce soir sur TF1 pour la première fois en clair.

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