Il affronte les Vengeurs depuis 1968 : Marvel vient de changer ce qui le liait à son frère dans Wonder Man

Un vilain historique des Avengers vient de troquer sa faux contre… un volant de bus touristique. Dans le tout dernier arc de la série Wonder Man, Marvel Comics a discrètement mais sûrement rebattu les cartes de la relation entre Simon Williams et son frère Eric, alias le Grim Reaper. Fini l’éternelle guerre fraternelle entre héros et super-vilain : la maison des idées a préféré transformer ce lien toxique en quelque chose de bien plus inattendu, et franchement savoureux.

À retenir

  • Un ennemi historique des Avengers depuis 56 ans va-t-il vraiment abandonner sa vendetta ?
  • Marvel choisit la réconciliation plutôt que l’affrontement : un pari scénaristique osé
  • La nouvelle vie d’Eric Williams révèle comment un vilain peut se réinventer sans perdre son essence

Depuis 1968, une rivalité qui hante les Avengers

Le Grim Reaper n’est pas un vilain de seconde zone. Créé par Roy Thomas et John Buscema, le personnage a fait sa première apparition dans The Avengers #52, en mai 1968. Depuis, il traîne son costume et sa faucheuse énergétique dans les pattes de l’équipe la plus célèbre de Marvel. Il n’est pas tout à fait au niveau de Thanos ou Ultron, mais il a été une véritable épine dans le pied des Avengers pendant des décennies, souvent cité comme l’un de leurs ennemis les plus tenaces.

Son histoire, elle, est du pur mélodrame gothique à la sauce super-héroïque. Son frère Eric a blamé les Avengers pour la mort de Simon. Grâce à ses connexions avec la Maggia, il a fait fabriquer par le Bricoleur (le Tinkerer) une arme en forme de faux pour remplacer sa main amputée. Cette faux pouvait projeter des rafales d’énergie et tourner à grande vitesse comme une scie circulaire mortelle, et provoquer des comas grâce à un générateur de fréquences cérébrales. C’est sous le nom de Grim Reaper, coiffé d’un casque assez ridicule, qu’il s’est mis à combattre les Avengers par vengeance pour son frère disparu, avant d’être finalement vaincu grâce à l’intervention de la Panthère Noire. Un personnage qui a même monté sa propre équipe de vilains, la Légion Létale, et qui a multiplié les résurrections au fil des ans, notamment via le mystique Black Talon.

Le twist le plus glaçant de sa mythologie ? Le Grim Reaper a capturé les Avengers et organisé un procès pour déterminer si le Vision ou Wonder Man était son véritable frère, avant d’être vaincu par Wonder Man lui-même. Une haine fraternelle poussée jusqu’à l’absurde, qui a nourri des décennies de comics et inspiré, sans surprise, la série Disney+ Wonder Man, diffusée en janvier 2026, où Demetrius Grosse campait un Eric Williams version terrienne, sans pouvoirs ni scythe, mais tout aussi rongé par la rancune envers son cadet devenu star.

Le tournant : Grim Reaper raccroche la faux

Dans les comics, justement, les choses viennent de bouger. La série Wonder Man menée par Gerry Duggan et Mark Buckingham vient de boucler un arc entier consacré à Simon Williams à Hollywood, mêlant enquête criminelle et satire du show-business. Et c’est dans ce contexte que le grand changement s’opère : le Grim Reaper n’est plus un vilain, mais il fait désormais quelque chose qui correspond toujours à son personnage.

Le déclencheur de ce virage tient à une scène presque anodine. Le Grim Reaper se trouvait chez Wonder Man quand The Spot a attaqué et tenté d’achever le contrat d’assassinat pour le compte de son employeur, ce qui a permis au Grim Reaper d’intervenir pour stopper The Spot, avant de finir à l’hôpital, où Simon a décidé qu’il devait faire quelque chose de gentil pour son frère. Ce n’est plus le duel cosmique entre deux frères que tout sépare, mais un geste de solidarité familiale, presque banal, qui va tout changer dans leur dynamique.

C’est là que réside le vrai changement structurel : Marvel ne fait plus reposer le lien entre les deux frères sur l’affrontement perpétuel héros contre vilain, mais sur une forme de réconciliation concrète, financière et professionnelle. Un pari scénaristique osé pour un personnage dont l’ADN, depuis 1968, était justement construit sur la vengeance et la haine fraternelle.

Une nouvelle vie, entre bus touristique et thérapie

Concrètement, comment Simon aide-t-il son frère à se ranger ? Wonder Man a acheté deux vans avec de l’argent qu’il avait économisé, et s’en est servi pour aider le Grim Reaper à lancer sa propre affaire : « Grim Reapers Death Ride », un business de visites touristiques à Hollywood où Eric emmène les visiteurs découvrir les quartiers où ont eu lieu des meurtres célèbres. Une reconversion aussi macabre que cohérente pour un homme dont le nom de code est littéralement « la Faucheuse ».

Le clin d’œil est presque comique tant il colle au personnage : Eric Williams transforme son obsession pour la mort en gagne-pain légal, plutôt qu’en arme contre les Avengers. Un panel de la série montre même le Grim Reaper, toujours en tenue complète, exprimer à sa thérapeute son inquiétude que ses médicaments ne le rendent « bizarre », avant qu’elle ne conclue la séance par un exercice de respiration. Le vilain historique des Avengers en thérapie et chauffeur de bus, voilà qui aurait semblé impensable il y a encore quelques années.

Ce virage n’efface pas soixante ans d’antagonisme du jour au lendemain, mais il ouvre une porte rare dans l’univers Marvel : celle d’un vilain qui abandonne sa vendetta non pas par défaite, mais par choix, aidé financièrement par la victime qu’il a pourtant pourchassée pendant des décennies. Reste à savoir si cette trêve tiendra la route face au prochain grand méchant qui débarquera dans la vie hollywoodienne de Simon Williams, ou si la faux ressortira du placard dès le prochain numéro.

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