Pour découvrir Evangelion sans se perdre, l’ordre le plus sûr est le suivant : la série télévisée de 1995-1996 (26 épisodes), puis The End of Evangelion (1997), puis, si l’envie reste, la tétralogie Rebuild. Cette dernière n’est pas une suite, mais une relecture à part, qui prend ses distances avec l’histoire d’origine à partir du deuxième film.
- La série compte 26 épisodes diffusés entre 1995 et 1996.
- The End of Evangelion, sorti en 1997, propose une autre fin à la série.
- Les films Rebuild forment une relecture à part, débutée en 2007.
La série de 1995 : le point de départ, sans raccourci
Neon Genesis Evangelion, créé par Hideaki Anno au studio Gainax, a été diffusé au Japon sur TV Tokyo entre octobre 1995 et mars 1996. Vingt-six épisodes d’une vingtaine de minutes, soit environ neuf heures de visionnage. Netflix propose la série et les films dans son catalogue depuis 2019, ce qui a changé la donne pour les nouveaux venus.
Peut-on sauter des épisodes ? Techniquement oui, car certains sont plus autonomes que d’autres. Mais l’œuvre tient sur une progression psychologique, celle de Shinji Ikari, et chaque épisode a sa place dans cette descente.
Les deux derniers épisodes surprennent le plus. Faute de budget et de temps, Anno y abandonne l’action pour une introspection quasi théâtrale, décors minimalistes et croquis à l’appui. À l’époque, une partie du public japonais a très mal pris ce final, au point que le studio a reçu des courriers furieux.
Il faut les voir quand même.
The End of Evangelion : la fin que la série n’avait pas pu offrir
Sorti au Japon en juillet 1997, The End of Evangelion reprend l’histoire là où le final télé la laisse et propose une autre version des deux derniers épisodes, cette fois avec de l’animation et de la violence à l’écran. Le film dure environ 87 minutes et se divise en deux parties, la seconde étant la plus radicale.
Un point de confusion revient souvent : il existe aussi Death & Rebirth, sorti plus tôt en 1997. Ce long-métrage est composé d’un résumé de la série (« Death ») et d’un début de film (« Rebirth ») qui a été absorbé par The End of Evangelion. Pour un premier visionnage, on peut l’ignorer sans rien rater de l’histoire.
Le film n’a rien d’une friandise de fin de série. Il est dur, parfois dérangeant, et fonctionne comme le véritable point final de la version de 1995. Les amateurs de la série l’enchaînent d’ailleurs souvent dans la foulée, tant le final télé laisse des questions en suspens.
Les deux fins coexistent, et beaucoup de fans les lisent comme deux regards sur le même dénouement : l’un intérieur, l’autre extérieur.
Les films Rebuild : une autre version, pas une suite
La tétralogie Rebuild of Evangelion a débuté en 2007 avec 1.0 You Are (Not) Alone, suivi de 2.0 You Can (Not) Advance en 2009, 3.0 You Can (Not) Redo en 2012, puis de 3.0+1.0 Thrice Upon a Time en 2021. Les deux premiers films reprennent en grande partie la trame de la série, avec une animation modernisée et un rythme plus resserré.
Le deuxième film bifurque : de nouveaux personnages apparaissent, dont Mari Illustrious Makinami, et les événements divergent de ceux de 1995. Le troisième saute ensuite quatorze ans dans le temps et déroute une bonne partie du public, car il abandonne volontairement les repères de la série.
Peut-on commencer par Rebuild ? C’est une option viable pour qui n’a pas neuf heures devant lui, surtout que 1.0 et 2.0 condensent bien le début de l’histoire. Mais certaines nuances, notamment les détails des relations entre personnages, y sont moins développées que dans la série.
L’Ordre de Sortie reste pourtant le meilleur ordre de visionnage pour Rebuild. Il n’y a pas de piège de chronologie à contourner : 1.0, 2.0, 3.0, puis 3.0+1.0.
Ce qu’on peut sauter, et ce qu’on ne devrait pas
La question du « skip » dépend de votre objectif. Si vous voulez comprendre l’univers et ses grandes thématiques, la série et The End of Evangelion suffisent. Les films Rebuild apportent une relecture plus qu’un complément indispensable.
Voici un tableau simple pour s’y retrouver :
- À voir absolument : la série (26 épisodes) et The End of Evangelion
- À voir ensuite, par curiosité : les quatre films Rebuild, dans l’ordre de sortie
- À ignorer au début : Death & Rebirth
Un conseil pratique : regarder Rebuild après la série permet de repérer les écarts, les clins d’œil et les changements de ton. Dans l’autre sens, on peut aborder Rebuild comme une œuvre autonome, mais on perd la surprise de plusieurs retournements de la série.
Anno lui-même a présenté Rebuild comme une manière de refermer le cycle, ce que confirme le titre du dernier film, sorti au Japon en mars 2021 et diffusé ensuite sur Prime Video dans de nombreux pays.
Si vous cherchez un point d’entrée plus doux, notez que le manga de Yoshiyuki Sadamoto, publié de 1994 à 2013, suit une version un peu différente de l’histoire et peut servir de complément, sans être nécessaire.