Ces 6 détails planqués dans les casques prouvent que les combats de Power Rangers n’ont jamais été tournés aux USA

Amber Frank ratée à la va-vite dans un sous-sol de Los Angeles, oui. Mais les fameux combats en costume, ceux qu’on rejoue encore en cour de récré ? Jamais filmés par une équipe américaine. Saban a recyclé du métrage japonais de Kyōryū Sentai Zyuranger, et pour cacher la couture, il suffisait de ne jamais montrer un visage sous un casque trop longtemps. Mais les casques, eux, racontent tout. Suivez le fil.

1. Le costume rouge américain n’a jamais donné un coup de poing

Sur le plateau de Saban, un seul exemplaire du costume Ranger Rouge existait pour Austin St. John, réservé aux photos promo et à quelques plans statiques en studio. Dès qu’un coup de pied volait à l’écran, la caméra passait au métrage japonais de Zyuranger tourné des années plus tôt à Tokyo. Le tissu, la coupe des gants, même l’éclairage changent d’un plan à l’autre si on ralentit l’image. Personne ne l’a remarqué en 1993 parce que personne n’avait de télécommande pause.

2. Les casques japonais ont une visière plus étroite

Comparez un gros plan américain du Ranger Bleu à un plan de combat : la fente de la visière rétrécit soudainement. Le design Toei pour Zyuranger privilégiait une ouverture fine pour l’acteur cascadeur japonais, tandis que le casque fabriqué à Los Angeles pour les scènes de dialogue avait une visière plus large, pensée pour laisser deviner le visage de l’acteur américain. Ce détail, invisible en 1993 sur un poste cathodique, saute aux yeux en HD.

3. Les gants ne sont jamais les mêmes d’un plan à l’autre

Les cascadeurs japonais de Zyuranger portaient des gants avec une couture apparente sur le dos de la main, absente sur les gants américains cousus pour Amy Jo Johnson et ses partenaires. Résultat : dans un même combat, une main gantée change littéralement de texture entre le plan large importé et le gros plan tourné à L.A. Les monteurs de Saban jouaient la montre contre les enfants les plus observateurs, et ils ont gagné pendant près de trente ans.

4. Le bruit des coups ne colle jamais aux mouvements

Le doublage sonore américain a été plaqué sur une chorégraphie japonaise déjà figée à l’image, ce qui explique ce léger décalage entre l’impact visuel et le bruitage, perceptible surtout dans les épisodes de la saison 1. Les équipes son de Saban n’avaient pas accès aux rushs originaux ni au minutage exact des coups filmés à Tokyo : elles bossaient à l’oreille, sur une VHS de travail, pour recaler un combat qu’elles n’avaient jamais vu tourner.

5. Les silhouettes ne correspondent pas aux morphotypes des acteurs

Walter Emanuel Jones, l’acteur du Ranger Noir, mesure et se tient différemment du cascadeur japonais du Sentai correspondant, et ça se voit dans la posture de combat une fois qu’on sait où regarder : les épaules, la façon de plier les genoux, tout diffère. Saban comptait sur le fait que personne ne connaîtrait les gabarits réels des cinq acteurs assez précisément pour repérer la substitution en pleine bagarre contre un monstre en caoutchouc.

6. Jason David Frank a confirmé n’avoir jamais porté le casque de combat complet

Dans plusieurs conventions, l’acteur du Ranger Vert a raconté avoir essayé le costume complet une seule fois, pour des photos, et jamais pour une scène d’action réelle. Toute l’illusion reposait sur un montage millimétré entre plans américains tournés en studio, montrant les héros démorphés ou en amorce de mouvement, et le métrage brut japonais où l’action se déroulait vraiment. Le public croyait voir un même corps se battre ; il en voyait deux, à dix mille kilomètres et plusieurs années d’écart.

Trente ans après, la ficelle reste la même : on ne regarde jamais assez près des yeux du costume pour voir qu’il n’y a personne de connu dedans.

Laisser un commentaire