HBO a validé la saison 2 de Welcome to Derry le 17 août : parmi cinq adaptations de Stephen King, une seule a attendu bien plus longtemps son feu vert

Huit mois. C’est le temps qu’il a fallu à HBO pour se décider, alors que la série cartonnait déjà en streaming depuis son lancement. Le 17 août 2026, la chaîne a enfin officialisé le retour d’It: Welcome to Derry pour une saison 2, mettant fin à des mois de suspense presque aussi tendus que l’intrigue elle-même. Mais en creusant l’historique des adaptations télévisées de Stephen King, un constat s’impose : ce délai est une anomalie. Presque toutes les autres séries tirées de son univers ont obtenu leur renouvellement en quelques semaines, parfois avant même la diffusion du dernier épisode.

À retenir

  • Pourquoi HBO a attendu 8 mois avant de confirmer ce que tous savaient déjà
  • Les autres adaptations King renouvelées en quelques jours : le vrai scandale caché
  • Un changement d’époque qui explique enfin ce délai mystérieux

Une attente historiquement longue pour une série pourtant plébiscitée

HBO a renouvelé la série d’horreur pour une saison 2, une décision qui intervient plus de huit mois après la diffusion du dernier épisode de la première saison, le 14 décembre. Un chiffre d’autant plus étonnant que le succès n’a jamais été discuté en interne. Dès janvier, le patron de HBO Casey Bloys avait pourtant tenu à rassurer les fans en expliquant que le blocage ne venait pas de la chaîne : HBO boss Casey Bloys explained why the show isn’t officially renewed yet in January, disant « I would happily do it », ajoutant que l’équipe créative devait d’abord trouver une direction qui les enthousiasme, avant de conclure « We’ll be there. » le problème n’était pas financier, il était scénaristique.

Et les coulisses bougeaient déjà bien avant l’annonce officielle. Andy Muschietti avait confié à Variety, quelques semaines avant le renouvellement, qu’une salle des scénaristes s’était ouverte pour la saison 2, même si le feu vert n’avait pas encore été formellement annoncé. Deadline confirme cette temporalité feutrée : le mouvement était attendu depuis un certain temps, HBO patientait simplement pour connaître la direction créative de la nouvelle saison. Le paradoxe est là : jamais une série King n’a autant fait attendre son public alors que les chiffres, eux, ne laissaient planer aucun doute sur sa réussite.

Les autres adaptations, elles, n’ont presque jamais attendu

Comparez avec The Institute, adaptée du roman éponyme de King et diffusée sur MGM+ à l’été 2025. Le renouvellement est arrivé deux jours avant même la diffusion du season finale. Un timing chirurgical, presque un réflexe pour une chaîne qui ne voulait laisser aucun doute planer sur l’avenir de son plus gros lancement.

Castle Rock, l’anthologie produite par J.J. Abrams et diffusée sur Hulu en 2018, a fait encore plus fort. Le streamer a accordé un renouvellement anticipé pour la saison 2 alors que l’épisode 6 sur 10 de la première saison s’apprêtait tout juste à sortir. La série n’avait même pas atteint sa mi-saison que son avenir était déjà scellé.

Mr. Mercedes, portée par David E. Kelley sur le réseau Audience, n’a pas fait mieux attendre son public. Un jour avant la diffusion du season finale, la série a été renouvelée pour un second run de dix épisodes. Même logique, même urgence à sécuriser la suite avant que le rideau ne tombe sur la première saison.

Et pour trouver l’exemple le plus radical, il faut remonter à 2013 et à Under the Dome, diffusée sur CBS. La série n’avait même pas terminé sa diffusion estivale que la chaîne avait déjà tranché. Le renouvellement est tombé alors que la série avait ouvert son run le 24 juin à 22h, soit à peine cinq semaines plus tôt, en plein cœur de la saison 1. Quatre séries, quatre renouvellements express, souvent bouclés avant même que le public n’ait vu la fin de l’histoire. Face à ce palmarès, les huit mois d’attente de Welcome to Derry ressortent comme une exception presque incompréhensible pour une franchise aussi rentable.

Ce que la saison 2 va raconter, et pourquoi le retard avait du sens

Le contenu de l’annonce explique en partie cette prudence. Située en 1935, en pleine Grande Dépression, la saison 2 tourne autour du massacre sanglant du gang Bradley, une bande de braqueurs qui s’arrêtent à Derry pour acheter des munitions et finissent par affronter une horreur inimaginable. Un changement d’époque total par rapport aux années 1960 de la saison 1, qui impliquait forcément une refonte créative plus lourde que pour une simple suite chronologique.

Ce basculement s’accompagne d’un chamboulement derrière la caméra. Alors que Jason Fuchs et Brad Caleb Kane co-dirigeaient la première saison, Kane prend désormais seul les rênes de showrunner. Un changement de gouvernance qui,概念iellement, colle avec l’idée d’un temps de gestation plus long : trouver le bon ton pour raconter un carnage historique dans une ville exsangue demandait sans doute plus qu’un simple copier-coller de la formule qui avait fonctionné pour l’enfance des années 60.

Le plan d’ensemble, lui, n’a jamais changé. Andy Muschietti a rappelé que son équipe avait dès la genèse du projet imaginé trois saisons, calées sur les trois catastrophes majeures évoquées dans les interludes du roman: l’incendie du Black Spot en 1962 vu en saison 1, le massacre du gang Bradley en 1935, puis l’explosion à la chasse aux œufs de Pâques de 1908, un plan qui a toujours été le fil conducteur. Ce n’est donc pas une improvisation de dernière minute, mais l’exécution d’une feuille de route posée depuis le tout début.

Le succès, lui, n’a jamais été un problème pour justifier cette suite. La série s’est classée parmi les quatre meilleurs lancements de séries dans l’histoire de HBO Max, un score qui aurait, sur n’importe quelle autre chaîne, déclenché un renouvellement en quelques jours. Mais HBO a préféré prendre son temps, quitte à faire mariner ses fans pendant huit longs mois, pour livrer une saison entièrement pensée plutôt qu’une suite précipitée. Reste à savoir si la chaîne appliquera la même patience pour la saison 3, ou si elle accélérera enfin le rythme, maintenant que le plan en trois actes est officiellement lancé.

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