Burton, Nolan, Snyder, Reeves : chaque réalisateur a bâti son propre Gotham, et aucun ne prolonge celui du voisin. Cela donne une dizaine de films live-action répartis en quatre continuités distinctes, avec un ordre de visionnage propre à chacune.
La règle de base tient en une ligne : ne mélangez jamais les univers.
- Quatre continuités distinctes se partagent une dizaine de films live-action.
- La trilogie de Christopher Nolan se regarde simplement dans l’ordre de sortie.
- L’univers de Zack Snyder se termine avec The Flash, sorti en 2023.
Burton et Schumacher : le Gotham gothique puis fluo (1989-1997)
Tout commence en 1989 avec Batman de Tim Burton, où Michael Keaton enfile la cape face au Joker de Jack Nicholson. Le film rapporte environ 411 millions de dollars dans le monde, un raz-de-marée pour l’époque. Trois ans plus tard, Batman : Le Défi (1992) oppose le héros au Pingouin de Danny DeVito et à la Catwoman de Michelle Pfeiffer.
Ensuite, le ton bascule.
Joel Schumacher reprend les commandes pour Batman Forever (1995), avec Val Kilmer sous le masque, Jim Carrey en Riddler et Tommy Lee Jones en Double-Face. Puis vient Batman & Robin (1997), où George Clooney affronte le Mr. Freeze d’Arnold Schwarzenegger. Quatre films, quatre acteurs principaux sur la série, dont trois Bruce Wayne différents, mais une seule continuité, à regarder dans l’ordre de sortie.
Un conseil de magazine : si vous êtes pressé, arrêtez-vous après Le Défi. Les deux derniers volets, très colorés et pleins de néons, ont longtemps été considérés comme le point bas de la franchise, et Warner a mis plusieurs années à relancer le personnage au cinéma après 1997.
La trilogie Nolan : le plus simple à suivre (2005-2012)
Aucun piège ici. Batman Begins (2005), The Dark Knight (2008) puis The Dark Knight Rises (2012), avec Christian Bale dans le rôle principal, se regardent dans l’ordre de sortie, qui est aussi l’ordre chronologique.
Le deuxième volet a marqué l’histoire : Heath Ledger, disparu en janvier 2008, y incarne un Joker qui lui vaut un Oscar du meilleur second rôle à titre posthume en 2009. Le film dépasse le milliard de dollars de recettes mondiales, un seuil alors rarissime pour un film de super-héros. Le dernier opus introduit le Bane de Tom Hardy et boucle l’arc de Bruce Wayne.
C’est la porte d’entrée idéale pour qui n’a jamais vu un Batman.
Cette trilogie se suffit à elle-même, sans série dérivée ni film croisé, et ne demande aucune culture préalable des comics. Comptez environ huit heures de visionnage pour les trois films réunis.
L’univers DC de Zack Snyder : l’ordre qui se complique (2016-2023)
Ben Affleck porte la cape dans cette continuité, qui s’ouvre avec Batman v Superman : L’Aube de la justice (2016), suite directe de Man of Steel (2013). Il apparaît brièvement dans Suicide Squad (2016), un passage facultatif si vous ne voulez suivre que les films où il a un vrai rôle.
Vient ensuite Justice League (2017), et c’est là que la situation s’embrouille. Zack Snyder a quitté le tournage en cours de route, et Joss Whedon a terminé le film, d’où une version cinéma très différente du projet d’origine. En 2021, Zack Snyder’s Justice League (environ quatre heures) a donné au public la vision du réalisateur, disponible en France sur les plateformes de Warner. Si vous n’avez le temps que pour une version, c’est celle-ci que la plupart des fans recommandent.
Dernière pièce du puzzle : The Flash (2023).
Le film joue avec le multivers et y réunit deux Batman, celui d’Affleck et le retour de Michael Keaton, qui reprend un rôle quitté trois décennies plus tôt. Il sert de clôture à cet univers, rebooté depuis par James Gunn. L’ordre conseillé : Man of Steel en préambule facultatif, puis Batman v Superman, Justice League (version Snyder) et The Flash pour finir.
The Batman de Matt Reeves : un Gotham à part (2022)
Dernier arrivé, The Batman (2022) met Robert Pattinson dans la peau d’un Bruce Wayne encore jeune, en deuxième année de croisade nocturne. Face à lui, le Riddler de Paul Dano, la Catwoman de Zoë Kravitz et le Pingouin de Colin Farrell, méconnaissable sous les prothèses. Le film dure près de trois heures, ce qui en fait l’un des plus longs de tous les Batman live-action.
Cette continuité n’a aucun lien avec celle de Snyder, malgré le même studio. Elle s’étend désormais au petit écran avec The Penguin, mini-série HBO diffusée en 2024 qui suit Colin Farrell juste après les événements du film. Il vaut mieux voir The Batman d’abord, puis la série, qui en dévoile certains éléments d’intrigue.
La suite, The Batman Part II, est attendue pour octobre 2027 après un report du Calendrier initial.
Et les films qui ne rentrent dans aucune case ?
Quelques longs-métrages vivent hors de ces quatre blocs, et on peut les regarder à tout moment. Batman : Le Masque du Phantasme (1993), film d’animation tiré de la série animée des années 1990, reste l’un des meilleurs récits sur le héros, et La Grande Aventure Lego Batman (2017) fait de Will Arnett un Bruce Wayne autoparodique. Quant au tout premier film, Batman (1966) avec Adam West, il est sorti entre deux saisons de la série télévisée du même nom.