Peeves a bel et bien été tourné. Rik Mayall a incarné le poltergeist pour Harry Potter à l’école des sorciers, sorti en 2001, avant que ses scènes ne disparaissent du montage final. Les spectateurs de la saga n’ont donc jamais croisé le farceur de Poudlard, pourtant bien présent dans les romans de J.K. Rowling.
Aucune de ces images n’a jamais été publiée.
- Rik Mayall a tourné les scènes de Peeves pour Harry Potter à l’école des sorciers en 2001, mais elles ont été supprimées du montage final.
- Chris Columbus a justifié cette coupe par la durée excessive du film et l’absence d’importance narrative du personnage pour l’intrigue.
- Les effets visuels nécessaires pour animer un poltergeist flottant représentaient un coût prohibitif pour un rôle secondaire à l’époque.
Un casting parfait, un montage impitoyable
Le choix de Rik Mayall avait tout de l’évidence. L’acteur britannique s’était fait connaître par le chaos assumé de The Young Ones et de Bottom, et il avait marqué Blackadder avec son Lord Flashheart, fanfaron hystérique en dix secondes d’écran. Pour un esprit frappeur qui passe son temps à harceler élèves et concierges, difficile d’imaginer meilleur profil.
Mayall a raconté publiquement qu’il avait tourné ses scènes, avant de constater qu’elles n’apparaissaient pas dans le film. Le réalisateur Chris Columbus a expliqué au fil des années que le personnage ne servait pas assez l’histoire et que le long-métrage était déjà chargé. Le résultat final dure 2h32, soit l’un des films les plus longs de la saga à l’époque, avec un premier tome à installer de A à Z : Poudlard, le Quidditch, le troll, les épreuves de la pierre. Chaque minute devait justifier sa place.
Les bonus des éditions DVD et Blu-ray n’ont rien changé : le Peeves de Mayall n’y figure pas, et aucune scène coupée à son nom n’est sortie depuis.
Un trublion de papier, difficile à filmer
Dans le premier roman, Peeves joue un rôle précis : c’est lui qui hurle « Élèves hors de leur lit ! » pendant l’épisode du duel de minuit, ce qui précipite Harry, Ron, Hermione et Neville dans le couloir interdit du troisième étage. Le film a contourné l’obstacle en remplaçant la scène par une poursuite plus classique avec Rusard et Miss Teigne. Le poltergeist n’était donc pas indispensable à l’intrigue, seulement à l’ambiance.
Côté technique, un personnage flottant, qui lance des objets et traverse les murs, impose des effets visuels coûteux, à une époque où chaque plan truqué se payait cher et prenait des semaines. Pour un rôle secondaire sans conséquence sur l’enquête autour de la pierre philosophale, la balance penchait vite du mauvais côté. Les films suivants ont poursuivi la logique : plus les intrigues s’épaississaient, moins il restait de place pour un gag récurrent.
Au dernier tome, il bombarde pourtant encore les Mangemorts pendant la bataille de Poudlard.
Quinze ans sans retour
Peeves n’est apparu dans aucun des huit films, ni dans la trilogie des Animaux fantastiques. Rik Mayall est mort le 9 juin 2014, à 56 ans, et les fans n’ont plus eu l’espoir de voir un jour ses scènes ressortir des archives de Warner. Depuis, son Peeves reste une pièce manquante que la communauté a longtemps rêvé de retrouver, sans succès.
L’annonce d’une série télévisée Harry Potter produite par HBO a relancé la question. Le format long, avec un épisode consacré à chaque année de Poudlard, laisse bien plus de marge pour installer un personnage secondaire et ses farces. Les lecteurs des romans espèrent y retrouver la scène de la révolte de Fred et George contre Dolores Ombrage, où Peeves joue un rôle de complice mémorable.
Le poltergeist a tout de même fini par exister à l’écran, mais sur console : il fait partie des personnages du jeu vidéo Hogwarts Legacy, sorti en 2023.