Ryan Gosling n’a pas choisi Scooby-Doo pour sa prochaine incursion dans le patrimoine Hanna-Barbera. Le 27 août 2026, Deadline révèle en exclusivité que l’acteur et sa partenaire de production Jessie Henderson, via leur société Open Invite, planchent sur un long-métrage en prises de vues réelles centré sur Bamm-Bamm Rubble adulte, le fils adoptif de Barney et Betty, pour le compte de Warner Bros. Un choix qui n’a rien d’anodin : parmi tous les cartoons du studio adaptés au cinéma, La Famille Pierrafeu reste le seul à avoir vraiment tenu la promesse du grand écran, la ou Scooby et sa bande ont fini par s’essouffler.
À retenir
- Ryan Gosling et Open Invite développent un film live-action sur Bamm-Bamm adulte pour Warner Bros.
- Les Pierrafeu a rapporté 341 millions de dollars mondiales en 1994, sept fois son budget—bien plus que Scooby-Doo
- Pourquoi Gosling parie sur un personnage secondaire plutôt que de refaire Fred Flintstone avec les stars actuelles
Le carton oublié de 1994
Tout le monde se souvient du chien qui parle et de sa camionnette psychédélique. Beaucoup moins du carton surprise que fut le premier Flintstones live-action. Réalisé par Brian Levant avec John Goodman dans le rôle de Fred et Rick Moranis dans celui de Barney, le film sort en 1994 avec un accueil critique glacial : « The Flintstones wastes beloved source material and imaginative production design on a tepid script that plunks Bedrock’s favorite family into a cynical story awash with lame puns. » Une charge sévère qui n’a pourtant pas empêché le public de se ruer en salles.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Malgré les critiques négatives, le film a rapporté 130,5 millions de dollars aux États-Unis, dont 37,1 millions lors de son week-end d’ouverture du Memorial Day 1994, puis 211,1 millions supplémentaires à l’international, pour un total mondial de 341,6 millions, soit plus de sept fois son budget de 46 millions. Sept fois le budget. Pour un film jugé mauvais par la presse, c’est le genre de ratio qui fait rêver n’importe quel studio hollywoodien aujourd’hui. Une suite, Viva Rock Vegas, arrivera en 2000 et permettra à la franchise d’atteindre au total 401 millions de dollars de recettes mondiales cumulées sur ses deux volets.
Pourquoi Scooby-Doo n’a pas fait le poids
Scooby-Doo a pourtant l’image du plus gros succès live-action Hanna-Barbera dans l’imaginaire collectif. Sur le papier, les chiffres du premier film de 2002 sont solides : le film sort le 14 juin 2002 et devient un succès commercial, rapportant 275 millions de dollars pour un budget de 84 millions. Mais le rapport recette/budget tombe à un peu plus de 3, contre plus de 7 pour Pierrafeu. Et la mécanique s’est vite enrayée.
La suite sortie deux ans plus tard confirme la tendance baissière. Scooby-Doo 2 : Les Monstres se déchaînent a connu des critiques encore plus dures et un recul commercial, avec seulement 181 millions de dollars de recettes mondiales, nettement moins que le premier volet. Résultat : un troisième film, pourtant envisagé, a été purement et simplement abandonné. La franchise canine a fait un flop en accéléré, là où les Pierrafeu ont tenu deux films rentables sur six ans d’écart, portés par la nostalgie d’une audience adulte plutôt que par un public exclusivement familial. Ce détail change tout : Bedrock parlait aux parents autant qu’aux enfants, Coolsville s’adressait surtout à une frange ado qui s’est lassée plus vite.
Bamm-Bamm, le pari malin de Gosling
Reste une question : pourquoi Bamm-Bamm et pas un remake frontal avec Fred et Wilma ? La réponse tient dans l’histoire même du personnage. La première fois que Bamm-Bamm est passé du statut d’enfant à celui d’adulte remonte à la série animée du samedi matin The Pebbles and Bamm-Bamm Show, diffusée sur CBS en 1971-1972, où il apparaît adolescent, sortant avec Pebbles, scolarisé à Bedrock High School et décrochant son premier emploi. Lui et Pebbles y formaient même un groupe, les Bedrock Rockers, tandis que Fred, Wilma, Barney et Betty n’apparaissaient qu’en figurants. il existe déjà un matériau narratif tout trouvé pour raconter un Bamm-Bamm grand teint sans recycler pour la troisième fois la même intrigue de quarry et de patron tyrannique.
Le projet, pour l’instant, en est aux balbutiements. Gosling et Henderson en sont au stade du développement précoce et cherchent actuellement un scénariste pour écrire le film. Aucun réalisateur, aucune date de sortie, et surtout aucune confirmation que Gosling enfilera lui-même la peau de bête synthétique du personnage plutôt que de rester en coulisses à produire. Vu son gabarit et son sens de l’autodérision affiché dans Barbie, l’hypothèse fait sourire les internautes, mais rien n’est acté côté casting.
Un Gosling en pleine boulimie de projets
Ce Flintstones nouvelle génération ne sort pas de nulle part dans l’agenda de l’acteur. Gosling vient d’incarner Ken dans Barbie et de produire Project Hail Mary, qui a rapporté 684 millions de dollars au box-office, tout en préparant son entrée dans l’univers Star Wars avec Starfighter réalisé par Shawn Levy, ainsi qu’une réunion avec ce même Levy pour le Ghost Rider des studios Marvel. Autant dire qu’il ne manque pas de guichets ouverts en ce moment. Miser sur Bamm-Bamm plutôt que sur un reboot classique de Fred Flintstone relève presque d’un pari de studio malin : capitaliser sur une franchise qui a déjà prouvé sa capacité à faire des scores multipliant son budget par sept, tout en évitant la comparaison directe et écrasante avec John Goodman. Le vrai test viendra quand un scénariste sera enfin trouvé, et que Bedrock retrouvera, ou non, ses lumières de studio pour de bon.
Sources : deadline.com | facebook.com | allocine.fr