852,4 millions de dollars de recettes cumulées aux États-Unis, un quatrième week-end à 36,5 millions et une chute limitée à environ 47%. Pendant ce temps, à quelques rangs de là dans le classement, un film d’horreur perd 62% de ses spectateurs en une semaine et s’effondre à 8 millions de dollars. Bienvenue dans le mois d’août 2026 version Sony, où un blockbuster refuse obstinément de s’écrouler pendant qu’une production voisine, sortie le même week-end, part en vrille.
À retenir
- Un blockbuster Marvel refuse de s’effondrer et égale les exploits d’Avengers: Endgame en plein mois d’août
- Un film d’horreur coûteux voit la moitié de ses spectateurs disparaître entre le premier et le deuxième week-end
- Sony occupe les deux premières places du classement avec deux stratégies opposées mais gagnantes
Spider-Man refuse de suivre les lois de la gravité
Spider-Man: Brand New Day n’en finit plus d’étonner les analystes. Le film a récolté 36,5 millions de dollars sur son quatrième week-end, soit une baisse d’environ 47% par rapport au week-end précédent, portant son total domestique à environ 852 millions de dollars. Sur le papier, une chute de 47% n’a rien d’un miracle statistique. Mais replacée dans le contexte d’un blockbuster Marvel qui entame sa cinquième semaine d’exploitation face à la rentrée scolaire, c’est un tout autre exploit : la presse spécialisée note que ce déclin de 50% sur le quatrième week-end est comparable à celui d’Avengers: Endgame chez Disney/Marvel, référence absolue en matière de longévité en salles.
Le film ne se contente pas de tenir, il grimpe dans les annales. Son cumul de 852,4 millions de dollars le positionne pour dépasser les 858,3 millions d’Avengers: Endgame et devenir le deuxième plus gros succès de l’histoire au box-office domestique. Une semaine plus tôt déjà, le film avait signé le deuxième meilleur troisième week-end de l’histoire avec 71 millions de dollars, un déclin de 51% meilleur que celui d’Avengers: Endgame (-57%). Chaque semaine, Tom Holland bat un record de longévité différent. Pas mal pour un film sorti en plein cœur de l’été, période traditionnellement synonyme de désertion des salles.
Juste derrière, un dinosaure de studio s’effondre
Le contraste est presque cruel pour The End of Oak Street, sorti chez Warner Bros. le même week-end qu’Insidious: Out of the Further, l’autre carte horreur de Sony. Réalisé par David Robert Mitchell, connu pour avoir signé l’un des meilleurs films d’horreur du XXIe siècle, « It Follows », ce thriller mystère mâtiné d’épouvante mélange nostalgie eighties et attaque de dinosaures dans un pavillon de banlieue. Le récit, porté par Anne Hathaway et Ewan McGregor, suit une famille dont la rue tout entière est arrachée à son quartier par un événement cosmique inexpliqué et projetée dans un environnement préhistorique.
Le lancement avait pourtant été honorable. « End of Oak Street » avait dépassé « Paw Patrol: Dino Movie » à sa sortie, 21 millions de dollars contre 20,2 millions. Mais sept jours plus tard, la chute est spectaculaire : le film accuse une baisse de 62% sur son deuxième week-end, retombant autour de 8 millions de dollars, pour un budget de 80 millions. Plus de la moitié du public d’ouverture s’est volatilisée en une semaine, un signal d’alarme pour un film coûteux porté par deux stars hollywoodiennes. Le bouche-à-oreille, pourtant plutôt positif côté critique, n’a manifestement pas suffi à retenir les spectateurs au-delà du premier week-end de curiosité.
Sony rafle la mise avec un doublé inattendu
Ce qui rend la situation encore plus savoureuse pour le studio, c’est que Sony n’a pas qu’un seul poulain performant ce week-end-là. « Insidious: Out of the Further », sixième volet de la franchise horrifique, a débuté à 10,6 millions de dollars le vendredi pour viser 23,7 millions sur l’ensemble du week-end. Les studios Sony Pictures se sont ainsi emparés des deux premières places du box-office domestique, faisant de « Brand New Day » le plus gros succès domestique de l’histoire de Sony après avoir déjà battu le record mondial du studio le week-end précédent. Un doublé qui n’a rien d’un hasard : avec un budget de seulement 18 millions de dollars pour Insidious, même une ouverture inférieure aux attentes reste largement rentable.
Le contraste entre les deux franchises horrifiques du week-end en dit long sur l’état du genre en 2026. D’un côté, une saga installée comme Insidious, qui capitalise sur une communauté de fans fidèles malgré des critiques mitigées. De l’autre, une proposition originale et coûteuse comme « The End of Oak Street », qui peine à transformer l’essai au-delà du premier week-end. Une étude du secteur souligne d’ailleurs que le gross médian des films d’horreur ce trimestre tournait autour de 7 millions de dollars, la plupart des sorties passant quasiment inaperçues malgré une diffusion large en salles. Dans ce paysage où la classe moyenne du cinéma d’horreur s’érode, seules les franchises ultra-reconnaissables ou les films à très petit budget semblent tirer leur épingle du jeu, laissant les productions ambitieuses à budget intermédiaire coincées entre deux chaises.
Sources : worldofreel.com | ca.news.yahoo.com | variety.com